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Peut-on faire son site internet soi-même avec l'IA ?

Faire son site avec l'IA : ce que l'outil ne peut pas savoir, et qui en répond

12 min de lecture · 1 septembre 2026 · E-kho

« Faites votre site avec l'IA en une heure. » La promesse circule depuis deux ans, et elle est vraie : produire une page qui s'affiche n'a jamais été aussi rapide. Nous utilisons les mêmes outils, tous les jours, et ils nous font gagner du temps.

La question n'est donc pas de savoir si l'IA sait faire un site. Elle sait.

Elle est de savoir ce qu'un outil ne peut pas faire — non parce qu'il serait mauvais, mais parce que ce ne sont pas des problèmes d'écriture. Il y en a trois.

Un outil ne peut pas savoir votre contexte. Il ne peut pas porter la responsabilité de ce qui est publié. Il ne peut pas tenir ce qui vient après.

Voici ce que chacune des trois recouvre, avec les textes applicables et ce que l'oubli coûte réellement.

Ce que l'IA fait vraiment bien

Soyons précis, parce que l'inverse serait malhonnête — et se réfuterait en trente secondes.

Elle produit une mise en page correcte en quelques minutes. Elle écrit des textes de départ qui tiennent debout. Elle propose des combinaisons de couleurs cohérentes. Elle génère du code qui fonctionne. Elle traduit, elle reformule, elle abrège.

Pour une page de présentation personnelle, un projet associatif, un site événementiel qui vivra trois mois : faites-le vous-même. Vous obtiendrez en une soirée ce qui coûtait mille euros il y a cinq ans, et vous garderez la main sur votre site, ce qui a de la valeur.

Le reste de cet article concerne les sites dont dépend une activité.

Un outil ne peut pas savoir votre contexte

Un générateur répond exactement à ce qu'on lui demande. Tout le travail consiste à savoir quoi demander — et cette information n'est pas dans le modèle, elle est dans votre situation.

Ce que votre métier vous impose, et surtout ce qu'il vous interdit

C'est le point que personne n'anticipe, parce qu'il est à l'envers de l'intuition : le risque n'est pas ce qui manque sur la page, c'est ce que le thème y ajoute tout seul.

Un thème professionnel propose par défaut un bloc « avis clients » et une bande « ils nous font confiance ». Pour un médecin, l'article R. 4127-19-1 du code de la santé publique exclut les témoignages de tiers, les comparaisons avec d'autres praticiens et toute incitation à un recours inutile aux soins. Le bloc le plus flatteur du thème est précisément celui qui est interdit — et rien, dans l'outil, ne le signale.

Trois autres exemples, du même ordre :

  • Dépannage, réparation, entretien. L'arrêté du 24 janvier 2017 impose de publier, dans un espace aisément accessible, les taux horaires de main-d'œuvre TTC, les modalités de décompte du temps, les forfaits éventuels, les frais de déplacement et le caractère payant ou gratuit du devis.
  • Restaurant. La carte en ligne doit porter l'information sur les quatorze allergènes (règlement INCO 1169/2011, décret n° 2015-447), et la mention « fait maison » se déclare plat par plat, au sens du décret n° 2014-797.
  • Artisan du bâtiment. L'attestation d'assurance décennale s'annexe aux devis et aux factures — article L. 243-2 du code des assurances. Ce n'est pas une page du site : c'est une mécanique dans l'outil qui les produit.

Aucune de ces règles ne se devine à partir d'une consigne écrite en une phrase. Elles dépendent du régime juridique de l'activité, et elles se chargent avant la première ligne de texte, pas à la relecture.

Ce que votre ancienne adresse portait

Si vous refaites un site existant, chaque page qui change d'adresse doit rediriger vers son équivalent. Sans cela, les pages indexées, les positions acquises et les liens entrants depuis d'autres sites tombent le jour de la bascule.

Rediriger tout vers l'accueil ne sauve rien : un moteur traite cette redirection comme une page introuvable déguisée. Le plan se fait page à page, à partir des adresses réellement indexées, et il se fait avant.

Un outil qui génère un site neuf ne sait pas ce qu'il remplace. C'est l'accident le plus coûteux d'une refonte, et le seul qui soit entièrement évitable — nous l'avons détaillé dans pourquoi votre site ne remonte pas sur Google.

Personne ne vous prévient. Vous constatez, six semaines plus tard, que le téléphone sonne moins.

Où part votre messagerie le jour de la bascule

Brancher un domaine sur un nouvel hébergement, c'est modifier des enregistrements DNS. Ceux qui dirigent vos courriels vivent au même endroit.

Le site continue de s'afficher, donc tout paraît normal. Les courriels, eux, cessent d'arriver — sans erreur, sans rebond visible, sans rien. On s'en aperçoit deux jours plus tard, en s'étonnant du silence, et on ne fait pas le lien avec le site qu'on vient de mettre en ligne.

C'est le premier incident de mise en ligne en fréquence, et le plus long à imputer. Notre règle est écrite : relever les enregistrements de messagerie, les marquer intouchables, et traiter une migration de messagerie dans un chantier séparé — jamais le même jour que le site. Et basculer un mardi matin, jamais un vendredi soir : une erreur du vendredi reste en ligne tout le week-end.

Ce que vos clients tapent, qui n'est presque jamais ce qu'on croit

Un site généré est techniquement indexable. Cela ne veut pas dire qu'il remontera.

Remonter suppose de savoir ce que vos clients cherchent réellement, de structurer les pages autour de ces recherches — une par question — et de déclarer le site aux moteurs le jour de la mise en ligne, pas trois mois après. Trois mois perdus ne se rattrapent pas, ils se décalent.

Ce sont des décisions prises sur des données, tous les mois, pendant des années. Aucune n'est de la génération de texte.

Un outil ne peut pas porter la responsabilité

Un site publié a un éditeur. L'éditeur n'est pas l'outil qui a écrit les phrases : c'est l'entreprise dont le nom figure en pied de page.

Les mentions légales, refondues le 21 mai 2024

Depuis la loi SREN, les obligations ne vivent plus à l'article 6-III de la LCEN mais à son article 1-1 — et le site doit nommer séparément qui l'héberge et qui stocke les données qu'il traite. Deux mentions distinctes, là où tous les modèles en circulation n'en connaissent qu'une.

Un générateur ne connaît ni votre hébergeur ni votre stockeur. Il produit un modèle à crochets, ou pire, un modèle plausible et faux — et une mention fausse vaut une mention absente.

L'absence ou l'inexactitude est punie d'un an d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende, 375 000 € pour une société. Ce n'est pas une amende théorique : c'est le premier point que vérifie un contrôle, parce que c'est le plus facile à vérifier. Le détail est ici : ce que la loi SREN a changé.

Si vous vendez à des particuliers, il faut en plus déclarer un médiateur de la consommation, publier ses coordonnées, et l'adhésion se paie. Son omission est passible d'une amende administrative de 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une société.

Les cookies et les données

Le bandeau n'est pas un accessoire décoratif : aucun dépôt avant consentement, et refuser doit être aussi simple qu'accepter. L'information due aux personnes l'est au moment de la collecte, pas dans une page qu'on ajoutera plus tard (article 13 du RGPD).

On rencontre autant l'une que l'autre des deux erreurs : une mesure d'audience posée sans consentement, et un bandeau posé par réflexe sur un site qui n'en avait pas besoin — une mesure correctement configurée en est exemptée. Dans les deux cas, personne n'a décidé : l'outil a fait son défaut.

Et si le site collecte des données de santé — prise de rendez-vous, questionnaire, messagerie —, une analyse d'impact doit précéder la mise en ligne.

Ce que vos textes promettent

Un texte généré affirme des choses : un délai, une garantie, un tarif, une caractéristique technique.

Ces affirmations vous engagent. Un client qui a lu « intervention sous 24 heures » sur votre site peut vous l'opposer. L'outil qui l'a écrit ne sera pas au tribunal.

Les images

Une image trouvée ou produite par un modèle n'est pas une image dont vous détenez les droits. Les banques gratuites ont des conditions, et elles varient : usage commercial exclu ici, mention obligatoire là.

La contrefaçon se règle par une mise en demeure et une facture rétroactive, envoyées par des sociétés spécialisées qui surveillent automatiquement. Même sujet côté marque : ce qui manque à un logo généré.

Un outil ne peut pas tenir ce qui vient après

Un site n'est pas un livrable, c'est un service qui tourne. La vraie question n'est pas « est-il en ligne », mais « que se passe-t-il quand il ne l'est plus ».

Un samedi à 19 h

Une surveillance ne vous rend pas votre samedi soir, et nous n'intervenons pas la nuit : la maintenance corrective se fait sur les heures ouvrées, et c'est écrit au contrat. Ce qu'elle change est ailleurs — vous n'apprenez pas la panne le lundi, par un client.

Concrètement : un moniteur interroge le site chaque minute, sur une chaîne de caractères prise dans le contenu et non sur le titre de la page, qui survit à une page blanche et ne prouve donc rien. Un second moniteur confirme avant qu'une alerte parte, pour ne pas réveiller tout le monde sur un incident de réseau. L'alerte ouvre un incident rattaché à votre mission. Et le dispositif est éprouvé par une panne provoquée avant la livraison : une alerte jamais déclenchée n'est pas une alerte.

Les sauvegardes

Votre hébergeur en fait peut-être. Chez les principaux, elles sont annoncées non contractuelles, limitées à quelques points de restauration, et les conditions mettent la récupération à la charge du client.

Le jour où une manipulation efface une page, ou une mise à jour corrompt la base, ce sont ces sauvegardes-là qui décident si vous perdez une heure ou trois semaines. Une sauvegarde jamais restaurée n'est pas une sauvegarde : la nôtre part chiffrée vers un stockage tenu chez un autre fournisseur que l'hébergement, et se teste tous les mois.

À côté, tout ce qui expire sans prévenir : le certificat, le nom de domaine, et un changement de serveurs de noms que personne n'a demandé.

Ce qui n'est écrit nulle part se perd

C'est la différence la moins visible le premier jour, et la plus coûteuse à deux ans.

Un site produit par génération ne laisse pas de trace de ses décisions : pas d'arborescence validée, pas de liste de ce qui a été arbitré, pas de raison écrite. Six mois plus tard, personne — pas même vous — ne sait pourquoi telle page existe, ni ce qu'on avait décidé de ne pas faire. La modification suivante consiste alors souvent à tout régénérer, et ce qui avait été repris à la main disparaît une seconde fois.

Un site qui ne se maintient pas se refait — et se refaire, c'est repayer, en reperdant au passage ce que l'ancienne adresse portait.

Ce qui doit rester à votre nom

Un point sur lequel une agence doit être jugée sans indulgence, et où l'IA, elle, ne vous piège pas : le nom de domaine, l'hébergement et les comptes se créent au nom du client, les accès se délèguent au lieu de s'échanger par mot de passe, chaque intervenant a un compte nominatif, et tout se reprend le jour où vous partez.

Un prestataire qui détient votre domaine détient un moyen de pression. Nous refusons ce rapport de force, y compris à notre avantage.

Ce que « faire le travail » veut dire, en clair

Nous utilisons les mêmes outils que vous. La différence tient à trois listes écrites, qu'on ne relit pas de mémoire :

  • La démarche de production : neuf étapes, dont cinq bloquantes. Bloquante veut dire qu'on n'avance pas tant que ce n'est pas fait — droits des visuels vérifiés, propriété du domaine vérifiée, préproduction non indexable, validation écrite du client, retour arrière possible avant de basculer.
  • Le playbook de mise en ligne : cent cinquante-neuf étapes, dont trente-six bloquantes et trente-trois qui ne concernent qu'un métier — un restaurant, un artisan, une profession libérale et un commerce n'ont ni les mêmes obligations, ni les mêmes interdictions.
  • Le cahier de production : soixante-quatorze arbitrages tranchés avant d'écrire une ligne — l'objectif unique du site, l'action attendue du visiteur, le niveau d'animation, ce que vous pourrez modifier seul, et comment la recette se prononce. Ce cahier est interne ; ce qui vous concerne se retrouve dans la proposition.

Ce ne sont pas des arguments de vente : ce sont les cases que nous cochons, et dont nous répondons. Le temps que les outils nous font gagner sur la production, nous ne vous le facturons pas.

Alors : soi-même, ou pas ?

Faites-le vous-même si le site ne porte aucune obligation propre à votre métier, s'il ne remplace rien — pas de redirections à écrire, pas de messagerie à préserver —, si personne ne perd d'argent le jour où il tombe, et si vous acceptez d'être l'éditeur responsable de chaque phrase publiée. C'est un cas fréquent, et parfaitement légitime.

Confiez-le dans le cas contraire. Et la question à poser à qui que ce soit, nous compris, n'est ni « en combien de temps » ni « à quel prix ». Elle tient en cinq points :

  • Qui répond de ce qui est publié, et sur quelle liste écrite ?
  • Que devient le référencement acquis le jour de la bascule ?
  • À quel nom sont le domaine, l'hébergement et les accès ?
  • Que se passe-t-il un samedi soir, et qui le sait avant moi ?
  • Qu'est-ce que je peux modifier seul, sans redemander à personne ?

Une agence sans réponse écrite à ces cinq questions vous vend le même site généré, avec une facture en plus.

Chez nous, ces réponses sont dans la proposition, avant signature : voir Site vitrine Essentiel, Site vitrine Pro et SEO Essentiel. Et si vous avez déjà un site, généré ou non, nous le regardons gratuitement : demandez la vérification, vous recevez un compte rendu écrit sous 48 heures ouvrées, avec les trois corrections à faire en premier — dont une que vous ferez vous-même.

Les questions qu'on nous pose

Peut-on faire son site professionnel avec l'IA ?

Pour produire des pages, oui, et vite. Ce qu'un outil ne fait pas : connaître les obligations de votre métier, savoir quel site il remplace, ni répondre de ce qui est publié. Ces trois-là décident du résultat.

Que faut-il vérifier soi-même sur un site fait avec l'IA ?

Votre hébergeur et votre stockeur pour les mentions légales, les adresses de l'ancien site à rediriger, où part votre messagerie le jour de la bascule, et ce que votre profession vous interdit d'afficher.

Qui est responsable d'un site fait avec l'IA ?

L'éditeur du site, c'est-à-dire vous. Mentions légales, cookies, données personnelles et affirmations de vos textes engagent votre entreprise : un client peut vous opposer un délai que l'outil a écrit.

Que risque-t-on si les mentions légales sont absentes ou fausses ?

Un an d'emprisonnement et 75 000 € d'amende, 375 000 € pour une société. Depuis la loi SREN du 21 mai 2024, le site doit nommer séparément son hébergeur et son stockeur de données : une mention fausse vaut une mention absente.

Que devient le référencement quand on refait son site soi-même ?

Sans plan de redirections page à page, les pages indexées, les positions et les liens entrants tombent le jour de la bascule. Rediriger tout vers l'accueil ne sauve rien : un moteur y voit une page introuvable déguisée.

Que se passe-t-il si mon site tombe en panne un samedi soir ?

Avec une surveillance, un moniteur voit la panne en une minute et ouvre un incident ; sans, vous l'apprenez le lundi par un client. L'intervention se fait sur les heures ouvrées, et cela s'écrit au contrat avant de signer.

Un site généré peut-il être maintenu ?

Tant qu'on retrouve ce qui a été décidé. Sans arborescence validée ni liste d'arbitrages écrite, la modification suivante consiste à régénérer le site, et ce qui avait été repris à la main disparaît une seconde fois.